Cinéma multiplexe de Mâcon : interview du directeur Guillaume Fourrière

Publié le 19 décembre 2011

Guillaume Fourrière sera le directeur du futur cinéma multiplexe de Mâcon. Rencontre, six mois avant l'ouverture des 11 nouvelles salles obscures. Entretien exclusif pour sortiramacon.com.

Quel est votre parcours ?

Guillaume Fourrière : Depuis tout petit j'aime aller au cinéma. Au fur et à mesure de mes études j'ai fini par me rendre compte que c'était dans cette voie que je voulais me diriger : faire venir les gens dans les salles obscures, voir des films sur grand écran, avec un bon son.

Petit à petit, j'ai suivi des études pour parvenir à mes fins. Cela fait maintenant sept ans que je travaille dans ce secteur, dans des multiplexes.

J'ai suivi des cours au sein de la FEMIS à Paris, où ils ont développé une option pour diriger les salles de cinéma. 

Je suis originaire de Lorraine. Avant Mâcon, j'ai travaillé pendant cinq ans à Beauvais dans un multiplexe similaire à celui de la Cité Lamartine, puisqu'il avait 10 salles. Beauvais, c'est environ 50 000 habitants. C'est un établissement également classé art et essai, avec beaucoup d'animations sur des films particuliers. J'ai cette expérience là, mais aussi du groupe Davoine. Pendant un an j'ai travaillé à Brest, où il y avait 15 salles. C'était un véritable paquebot, c'était énorme !

Par conséquent Mâcon ne constitue pas un énorme défi pour vous...

Guillaume Fourrière : Cela reste tout de même un défi, car j'officie désormais en tant que directeur du multiplexe de Mâcon. Auparavant j'étais toujours adjoint. Autre défi : il s'agit d'une création. C'est vraiment une construction. Il y a tout à faire, en partant de zéro.

Où en sont justement les travaux ?

Guillaume Fourrière : Nous avons pris du retard au début, mais visiblement tout se passe bien désormais, nous sommes dans les temps. La charpente est en train d'être montée. Elle sera finie mi-janvier. Et puis nous allons ensuite attaquer le "gros" : les meubles, les murs etc. On espère ouvrir le Cinémarivaux en septembre 2012.

Pourquoi cette date ? La programmation est-elle adéquate ?

Guillaume Fourrière : Septembre n'est pas naturellement un mois avec beaucoup de sorties. Nous verrons. Les cinémas qui ouvrent leur portes accueillent leurs premiers spectateurs durant ces périodes creuses ou durant la fête du cinéma, les vacances de février. Je ne mets pas de plan sur la comète. Cela peut-être un mois intéressant, du fait que nous n'aurons pas de film dans la veine d'Intouchables à cette période.

Avez-vous le sentiment que le cinéma multiplexe est très attendu ?

Guillaume Fourrière : Oh oui ! J'ai l'impression d'être la personne le plus aimée de Mâcon en ce moment. C'est un bâtiment que les mâconnais vont aimer, puisqu'il sera facile d'accès. Une grosse bâtisse très fonctionnelle, en terme de confort, de la nouveauté, un choix conséquent des films et des séances qui vont augmenter. Je pense que les habitants de Mâcon de tous âges l'attendent depuis fort longtemps !

Quel avenir pour les cinémas Marivaux et Cordeliers ?

Guillaume Fourrière : Ces deux cinémas font parti du même groupe. Il est convenu que ces derniers ferment quand le cinéma multiplexe ouvrira. Il n'y aura plus de cinéma en centre-ville de Mâcon

Durant une période, il avait été envisagé de garder le cinéma multiplexe en tant que cinéma d'art et d'essai...

Guillaume Fourrière : Le cinéma multiplexe de Mâcon sera classé art et essai. 11 salles, c'est déjà pas mal pour Mâcon. Si le Marivaux était resté ouvert, cela aurait fait 14 salles au total, beaucoup trop pour une ville comme Mâcon. Il faut être raisonnable et tabler sur une seule offre, de qualité.

Allez-vous continuer à travailler avec L'embobiné, la très active association cinéphile mâconnaise ?

Guillaume Fourrière : C'est une des premières associations que j'ai rencontré à Mâcon. Nous avons beaucoup réfléchi à notre travail, à leurs actions. Leur travail sera quelque peu différent. Avec 11 salles nous aurons accès à des films auxquels nous n'avions pas accès auparavant. Le travail se fera plus sur de l'animation, des films encore plus différents. Nous verrons, tout est à inventer !

Peut-on espérer la venue d'équipe de films, l'organisation d'avant-premières ?

Guillaume Fourrière : J'espère. Normalement l'axe des transports desservant Mâcon pourrait permettre ce genre d'évènements. Cela se fait beaucoup, les tournées où les équipes passent d'un cinéma à l'autre. J'espère mettre Mâcon sur la liste des distributeurs de films qui organisent les tournées.

Question plus personnelle : quels sont les films qui vous ont le plus marqué ces derniers temps ?

Guillaume Fourrière : Je n'affectionne aucun genre cinématographique en particulier. Ce que j'aime au cinéma, c'est être désarçonné, voir quelque chose de différent. Tous les films sont bons à prendre. Quand j'ai l'impression de voir 4 fois la même chose, je m'ennuie très vite. Par contre, dernièrement, j'ai beaucoup aimé Intouchables. C'est une comédie de qualité. On sent que çà n'est pas prétentieux, qu'ils ont fait ce qu'ils voulaient, le long-métrage parle à tout le monde !

Propos recueillis par Hervé Troccaz

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> Le site internet du groupe Ciné-Alpes et des cinémas à Mâcon

Les photos Cinéma multiplexe de Mâcon : interview du directeur Guillaume Fourrière