Théâtre de Mâcon : interview de Laurence Terk pour la saison 2016/2017

Publié le 8 juillet 2016

Directrice du théâtre de Mâcon, Scène Nationale, Laurence Terk présente une programmation 2016/2017 éclectique et tous publics. Une femme passionnée et amoureuse de l'institution qu'elle dirige. Elle nous explique ses partis-pris et ses coups de cœur pour Sortir à Mâcon. Entretien.

Sortir à Mâcon : Cette saison est placée sous le signe de la nouveauté. Pour la première fois la Scène Nationale de Mâcon propose un spectacle de cirque sous un chapiteau, qui sera installé à Prissé.

Laurence Terk : Cela faisait longtemps que j’avais voulu le faire. J’ai trouvé le bon spectacle pour le réaliser avec la compagnie « Pré-O-Coupé » qui rassurera le public que « Tout est bien ! » malgré les catastrophes et les bouleversements que les artistes vont mettre en scène avec humour et virtuosité.

Pour ce spectacle, nous avons bénéficié du soutien de l’agglomération mâconnaise qui a lancé un appel à candidature. C’est la ville de Prissé qui accueillera donc le chapiteau. Nous sommes tellement bien dans ce théâtre, qui est à mon sens un des plus beaux de France, que vous avons du mal à en sortir ! Il fallait donc que nous trouvions un spectacle qui présentait plus d’intérêt à être présenté à l’extérieur que dans ce superbe écrin qu’est la Scène Nationale de Mâcon. Cela va permettre sans doute de toucher un autre type de public.

Sortir à Mâcon : « Nobody » promet de marquer les esprits des spectateurs !

Laurence Terk : Ce spectacle invite à l’interrogation avec une mise en scène qui s’appuie sur un dispositif cinématographique en temps réel. Lorsque je l’ai vu à Paris, j’ai tout de suite sû qu’il serait adapté au théâtre de Mâcon, Scène Nationale. A la fois pertinent et curieux, il met en scène des acteurs derrière une vitre. Un vidéaste circule parmi eux et le résultat est immédiatement retranscris sur un écran au-dessus de la scène. Le résultat est passionnant. Pas question pour autant d’être happé par l’image ! C’est une nouvelle approche qui prend en compte les nouvelles technologies. Un véritable choc esthétique, qui interroge le spectateur sur son rapport au travail. L’ensemble est stupéfiant !

Sortir à Mâcon : Autre spectacle qui bouscule, Le syndrome de Cassandre de Yann Frish…

Laurence Terk : Là encore les partis-pris de mise en scène sont radiaux. Un tulle installé devant la scène sépare le comédien du reste de la salle. Il est enfermé. Il est en tête à tête avec lui-même. Le résultat est étrange.

Sortir à Mâcon : Pourquoi proposer ce type de spectacle ?

Laurence Terk : Notre mission est de rendre compte des nouveaux spectacles, donner état de la création contemporaine. La magie renait de ses cendres. Des disciplines qui s’expriment d’une autre manière. La Scène Nationale de Mâcon est un formidable écrin, et Le syndrome de Cassandre est en parfaite adéquation avec ce lieu.

Sortir à Mâcon : Autre temps fort de la saison 2016/2017 : le mois Drôle de dames.

Laurence Terk : Nous n’avons pas les moyens financiers de concentrer une programmation thématique sur quelques jours, mais le mois Drôle de dames reste un des temps forts de l’année. Il permet de réunir toutes les disciplines et de donner à la programmation une couleur particulière. L’ensemble est bien équilibré, nous proposons un programme qui a été murement réfléchi, qui met en valeur le lieu.

Sortir à Mâcon : Quels sont les points forts du Théâtre de Mâcon ?

Laurence Terk : C’est une Scène Nationale, financée pour un tiers par le ministère de la culture. Cela impose un cahier des charges. Si le lieu impose une certaine idée de la culture, je veux proposer une programmation pour renvoyer une image moins « sérieuse », Une programmation humaine et sympathique. Avec un taux de remplissage de 81% sur toute la saison précédente, soit 19 756 spectateurs, la Scène Nationale de Mâcon se propose de dépasser les 20 000. Une affluence du public qui nous permet d’aborder avec une certaine sérénité la nouvelle saison. La situation est compliquée pour un certain nombre de directions de théâtre, mais nous ça va relativement bien. Et je suis toujours surprise de voir que ça va si bien !

Sortir à Mâcon : Malgré ces chiffres très encourageants, vous aimeriez bien rénover l’infrastructure.

Laurence Terk : Le Théâtre de Mâcon souffle ses 40 bougies. Les murs sont usés, et le bâtiment dénote dans un quartier modernisé. L’extérieur, avec ses couleurs orange et marron, ne sont pas le reflet de ce qui s’y passe à l’intérieur. Nous sommes très vivants, très actifs, mais le lieu ne renvoie pas nécessairement ce dynamisme. Une rénovation serait plus que bienvenue. Il faudrait pour cela que nous obtenions des aides de la ville.

Propos recueillis par Hervé Troccaz – juillet 2016

Les photos Théâtre de Mâcon : interview de Laurence Terk pour la saison 2016/2017