Cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon

Publié le 22 juillet 2012

Visite et historique de la Cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon.

Historique de la Cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon

Le christianisme fut probablement apporté à Mâcon par des navigateurs de la Saône et des marchands lyonnais d'origine orientale. 

Un premier oratoire s'éleva dès le 4ième siècle vers le plateau de la Baille et la grève de Saône, sous le vocable de Saint-Barthélémy. Sans doute à proximité d'un temple dédié à Mercure et en bordure même du port romain de Matisco.

Au 5ième siècle, une église remplaça le temple, probablement sur son emplacement même, à l'instar de Chalon-sur-Saône.

Au 6ième siècle, le diocèse de Mâcon étant créé, elle devient église-cathédrale placée sous le vocable de Saint-Gervais-Saint-Protais. Son premier évêque aurait été Placide. Située hors des murs forts du castrum, la cathédrale dût ultérieurement s'envelopper d'un enclos au 12 ième siècle. Un enclos fortifié qui durant tout le Moyen-âge, constitua une petit cité ecclésiastique.

Le Roi Childebert passa par Mâcon en 543. De retour d'une expédition militaire en Espagne, il offrit une partie de la tunique de Saint-Vincent qu'il ramenait de Saragosse. La cathédrale prit alors le nom de Saint-Vincent.
De nos jours, il ne reste de cette primitive cathédrale qui subit en 731 le pillage des arabes montant en raid audacieux jusqu'en Bourgogne du nord.

D'autres évènements finirent de détruire définition la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon : un violent incendie accidentel en 742, un pillage par Lothaire en 834, le passage des Hongrois en 937 qui pillèrent l'endroit, et en 960 une destruction quais-totale par le feu. 

La reconstruction de la Cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon commença à la fin du 10 ième siècle. Puis au 11 siècle, on mena à bien la réalisation d'un édifice roman, voûté et pourvu de tours, dont la base est resté la souche des deux tours actuelles que les touristes peuvent observer.
Les caractéristiques architecturales conformes au premier art roman confirment ces observations.

A la fin du 12 ième siècle, les vieilles nefs romanes de la Cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon ainsi que le sanctuaire furent reconstruits en style gothique.

L'église s'enveloppa de nombreuses chapelles, une crypte fût aménagée.

Au 14 ième et 15 ième siècle, les tours furent surhaussées et ornées de galeries et de gargouilles sculptées.

La cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon traversa les siècle, non sans être malmenée par les soubresauts de l'Histoire, à commencer par les guerres de religions.

C'est lors de cette période que le tympan fut martelé.

La cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon fut restaurée au début du 17 ième siècle par Monseigneur Dinet. Elle restait cependant d'une architecture fragile sur un sol alluvial, avec des voûtes d'une hauteur et d'une portée considérables pour des murs largement ajourés, notamment au niveau du sanctaire et des deux façades du transept où s'ouvraient deux grandes roses d'un fort diamètre.

La cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon fut mal entretenue. Durant cette période des boutiques s'établirent contre ses murs. résultat : l'église se lézarda, elle fut jugée dangereuse pour le voisinage.

En 1796 le département décida la destruction de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon, en concédant à la ville le narthex et les tours qui pouvaient être conservés en raison de la robustesse de leurs assises romanes. La démolition jusqu'au niveau du narthex eut lieu en 1799.

2 - Description des nefs disparues de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon

La cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon s'allongeait perpendiculairement à la rue de Strasbourg jusqu'à l'aplomb de la rue Franche. Elle avait environ 74 mètres de longueur au total, dont 56 pour la nef et le chevet, et une largeur totale de 30 à 32 mètres.

La grande nef s'élevait à 24,70 mètres et les collatéraux à 12,30 mètres. En forme de croix latine avec trois nefs et un transept débordant, elle s'achevait par un chevet plat, sans tour sur la croisée.

Une double galerie permettait de le tour de l'édifice, l'une à l'extéréieur, au-dessus des grandes arcades. L'autre à l'extérieur, à la base des fenêtres hautes.

Les grosses cloches étaient dans la tour sud et elles constituaient, disait-on, "les plus belles sonneries de France", avec le bourdon Dame Barbe 5300 libres), complété par Dame Catherine (3600 livres), Dame Anne (100 livres), Dame Marie (100 livres et Soeurs Agathe et Vincent, plus petites.

L'ancienne cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon comportait également plusieurs tombeaux, dont celui de Bauderon de Senecé, qui a été réédifié à l'Eglise Saint-Pierre au 19 ième siècle. Mais aussi un grand orgue, de beaux vitraux, plusieurs statues de valeur, des tableaux du peintre mâconnais Guikllaume Perrier (18 ième siècle).

La cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon de nos jours

Le narthex de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon

C'est une robuste construction de la fin du 12ième siècle qui a reçu sur sa travée centrale une voûte sur croisée d'ogives et sur les collatéraux, des voutes en berceau brisé à pénétration profondes, qui lui donnent l'aspect d'une voûte d'arêtes. Le décor est particulièrement soigné sur les murs latéraux avec leurs arcades retombant sur des pilastres et des colonnes à beaux chapiteaux souples et profondément fouillés, qui en sont pas sans rappeler l'art de Charlieu.

Le tympan de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon

Le tympan de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon fut mutilé au 16 ième siècle, lors des guerres de religions. Il avait été plâtré. Ses sculptures furent remises au jour en 1848, quand on procéda à une restauration de la cathédrale. Si elles sont d'un style médiocre, la composition demeure d'une extrême originalité.

Le tympan de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon est composé de blocs, dont l'assemblage a été plus ou moins soigné, sans que l'on puisse définir si ce fut lors de son remontage ou s'ils étaient déjà imparfaitement liés.

Il semble que le tympan de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon ait été relié en deux temps.

Tout d'abord un petit tympan semi-circulaire, représentant sans doute l'Ascension. On y observe la cuvette de la mandorle, d'où le Christ assis a disparu. Au linteau on observe 11 apôtres. Puis de part de d'autre du prophète deux figures accompagnées chacune de l'un des hommes en blanc des Actes des apôtres. Et enfin au sommet tenant l'ove.

Deuxième temps : des ajouts associant à l'ensemble le thème du jugement dernier, mais en ménageant par un échancrure centrale un espace assez élevé pour permettre le passage des processus avec les bannières et le Saint-Sacrement. Le style de ces ajouts est différent de celui de la partie centrale, et de moindre qualité.

On y voit 5 registres dans l'ensemble de la composition :
- 1er registre (en bas) : le Jugement. A droite des ressuscités implorants et l'ange justice tourné vers l'Enfer. A gauche les Elus accueillis par l'ange protecteur et la Jérusalem Céleste.

- 2 ième registre : La résurrection des Corps. Les morts implorants sortent des tombeaux.

- 3ème registre : les 24 vieillards de l'Apocalypse. Ils sont obtenus en ajoutant aux onze apôtres initiaux sept personnages à gauche, et six à droite.

- 4 ième registre : les apôtres et les anges de l'Ascension de part et d'autre du Christ. Il n'y a que onze apôtres si l'on maintient l'identification du personnage à gauche de la base de la manderole avec la Vierge.

- 5 ième registre : Le Paradis avec les Elus et les séraphins.
Le tympan de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon est enveloppé d'une archivolte à feuillage torsadé conforme aux beaux et fermes motifs de l'art clunisien et brionnais.

Le chapiteau qui reçoit l'archivolte extérieure à droite au-dessus de la colonne d'angle du pilier représente la tentation du Christ. 

Les chapiteaux qui surmontent les deux piédroits représetent, à gauche Saint-Michel refoulant Satan et à droite le Christ arrêtant le Démon.

Les autres chapiteaux à motifs végéatux profondément creusés dans un beau calvaire ocre sont d'un travail souple et vigourex. Les basses des colonnes engagées sont remarquables avec leurs larges bagues ornées de motifs végétaux en torsades, palmettes ou rosaces. Le décor d'oves qui accompagne les deux grandes arcades transversales se trouve à Paray-le-Monial et Cluny.

Les fresques de la cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon

La travée de passage entre la nef et le narthex avait reçu latéralement des fresques encore lisibles au milieu du 19 ième siècle. Il n'en reste plus qu'un fragment à droite en entrant. Il s'agit probablement d'un groupe d'Elus entrant au paradis alors qu'à gauche se situait l'Enfer.

Photos et texte : Hervé Troccaz

Crédit photos : Hervé Troccaz / sortiramacon.com

Les photos Cathédrale Vieux-Saint-Vincent de Mâcon